Quand la nuit devient jour, S. Jomain

Fantasy/dystopie young-adult
448 pages
8€ (format poche)
Lu en Avril 2020
Lien Livraddict
Lien Goodreads

On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début.
J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée.

Je déprimais avec la situation du moment, et me voilà à prendre un livre sur la dépression. Je comptais le lire plutôt quand ça ira mieux, je me suis dit « je lis juste quelques pages, voir comment c’est ». Et puis au final, cela décrivait des sentiments très durs, mais ça n’était pas pesant, au contraire ça me faisait même relativiser ma propre déprime.

L’énorme point fort de ce roman pour moi, c’est bien le style. Je l’ai adoré. Il n’est pas juste fluide, il est joli, même poétique et incroyablement bien rythmé. L’autrice est parvenue à mettre sur papier des sentiments durs et poignants d’une main de maître, et c’était très très agréable à lire ! C’est mon premier livre d’elle, mais franchement, j’en lirai d’autres.

L’histoire maintenant. Camille est dépressive, elle a subi de multiples troubles alimentaires et hospitalisations pour tenter d’aller mieux. Mais son dégoût d’elle-même ne peut être guéri, et après 20 ans et quelques de souffrances, elle décide d’arrêter sa vie, et de se faire euthanasier en Belgique. Au début du livre, elle revient sur son parcours, puis l’histoire nous raconte la fin de sa vie, son chemin vers la mort. C’était incroyable et poignant de voir une telle souffrance et un tel mal de vivre. N’ayant pas vécu ce genre de situations, je ne peux dire si la dépression était véritablement bien traitée etc, mais en tout cas le traitement m’a convaincu. On la voit batailler contre ce monstre qui l’attaque sans relâche, sans même chercher à être heureuse, puisqu’elle est convaincue ne jamais pouvoir l’être.

Les personnages étaient très attachants, convaincants et humains. En 250 pages, Sophie Jomain a réussi à m’emporter dans la presque vie de Camille, et je l’ai adorée presque autant qu’elle se déteste.

Un livre poignant, très beau, et merveilleusement bien écrit.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s