Ça raconte Sarah, P. Delabroy-Allard



Contemporain
189 pages
15€
Lu en Septembre 2019
Lien livraddict
Prix du style 2018
Prix France Culture
Prix des libraires de Nancy/journalistes du Point

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

Ça raconte la passion dévorante d’une femme pour Sarah. Si vous aimez les histoires romanesques avec plein d’actions, passez votre chemin : ce n’est pas pour vous. Il n’y a là que la passion et encore la passion.

J’ai bien aimé, et en même temps non.

Je ne sais pas vraiment quoi en penser.

Je reproche le manque d’action. Le manque de je-ne-sais-quoi. Ça fait souvent quelque chose comme “Sarah est mal-habillée, elle rit trop fort. Elle est vivante. Elle fait si et ça”. Quand vous avez 100 pages comme ça, au bout de 50 ça devient long. Il n’y a que la passion dévorante, Sarah, leur histoire. Et c’est TOUT. C’est lassant, 189 pages sur le MÊME sujet, sans rien d’autre.

Et même temps, la plume de l’autrice est magnifique. Elle est incroyablement rythmée, poignante, saccadée parfois, toujours pour appuyer le propos, pour appuyer une passion douloureusement brûlante. Oui, elle se répète et j’ai pu voir qu’on le lui reproche mais justement : cela montre la passion qui devient un cercle vicieux, la passion qui dépasse toute raison, et ça crée un rythme incroyable. Le style m’a énormément plu. Je me suis d’ailleurs retrouvée à relire des passages à voix haute, parce que je les trouvais marquant, poignant, beau. Alors même que je lisais en diagonale certains autres passages, ennuyeux car ils manquaient d’action.

La première partie parle de la passion dévorante qu’elles éprouvent, de leur rencontre. Une telle passion ne peut pas tenir, elle est trop forte, on ne peut vivre comme ça, et on le comprend assez vite. La 2ème partie est comme une jérémiade : la passion, devenue petit à petit toxique jusqu’à être insupportable, nous offre l’angoisse et le vide.

Au fond, oui j’ai aimé. Et c’était très intéressant et beau à lire.

Une lecture intéressante, belle malgré une lassitude qui vient rapidement.

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