La vraie vie, d’A. DIEUDONNE

Aujourd’hui j’ai envie de revenir sur un coup de coeur de l’année dernière, dont on entend pas tant que ça parler (même si Audrey du Souffle des mots l’a également mis dans son TOP 2018).

Lecture en décembre 2018.
Lien Livraddict
Contemporain
270 pages, 17€
Grand Prix des lectrices Elle – Roman – 2019.
Prix Fnac – Roman – 2018.
Prix Renaudot – Prix des Lycéens – 2018.
Prix Victor Rossel – 2018

Je résume :

La vraie vie raconte l’histoire d’une petite fille vivant dans une famille difficile. Son père est violent avec sa mère qui semble vide. Au milieu de tout cela, il y a son frère Giles : un garçon qui rit, qui joue avec elle, un garçon adorable, somme toute. Jusqu’au jour où les deux enfants sont témoins d’un accident, de la mort d’un homme dans leur quartier. Confronté de plein fouet à la mort, Giles se transforme et devient passionné par celle-ci. La jeune héroïne elle, se trouve démunie, seule dans une vie cauchemardesque qu’elle qualifie de « brouillon » par rapport à la vraie vie, celle où ils seraient heureux. Elle se met en quête de cette vraie vie, tente d’arranger les choses, refusant d’être une proie comme sa mère ou un prédateur comme son père et son frère.

Mon avis

L’histoire est très bien construite, sans en faire trop, réaliste. En effet, parmi toutes les horreurs, des petits plaisirs de la vie demeurent. Rien n’est jamais tout noir, ni stéréotypé. Tout le long du récit, nous naviguons entre petits plaisirs, horreur et humour, le tout parfaitement dosé. Le récit en lui-même est extrêmement poignant de par les horreurs qu’il raconte, refermer le livre à la fin vous fait l’effet d’un coup de poing, et vous avez le sentiment que maintenant que c’est fini, ça y est, vous pouvez respirer. Cette sorte de roman d’apprentissage vous donne l’impression d’une traque : la traque de l’héroïne pour la vraie vie mais également celle de la hyène (un trophée de chasse de son père, qui apparait comme une allégorie de la violence, voire un prolongement de son père) et de la violence qui entament une course endiablée pour faire d’elle leur proie.

Les personnages sont très recherchés et complexes. Aucun personnage ne m’a semblé être laissé de côté. On découvre chaque personnage tout au long de l’histoire, sans jamais s’arrêter à ce à quoi il avait l’air au début. L’héroïne est extrêmement attachante, pleine de vitalité, pragmatisme et surtout, d’intelligence. Déterminée et loyale, elle ne se laisse jamais abattre, ce qui permet à l’autrice de ne jamais réellement tomber dans le pathos : malgré toutes les horreurs, la jeune fille encaisse sans se plaindre et continue d’avancer, de garder espoir.

La narration donne le caractère poignant de l’histoire. Nous avons le point de vue de l’héroïne qui nous offre une analyse des évènements frappante de par son innocence d’enfant et la qualité de son vocabulaire et imagination. Par exemple, elle matérialise la violence de sa maison sous la forme d’une hyène, par rapport à celle de la chambre des cadavres que son frère observe sans cesse après l’accident. Ainsi, la hyène nous apparait comme une « maladie » qui se répand et « mange le cerveau » de son frère, qui « rôde » et attend son heure comme un chasseur joue à traquer sa proie. Sa récurrence dans l’histoire instaure d’ailleurs un rythme haletant de violence, de tension, de peur chez le lecteur (les scènes de violences sont presque toujours précédées de la hyène qui « rit » ou « l’observe »). La narration garde une note innocente de l’enfance tout en créant un aspect poétique de par ses analyses et métaphores.

Le style, quant à lui, est prenant et bien rythmé. Il nous embarque complètement dans les aventures de notre héroïne.

J’ai donc adoré ce livre qui m’a bouleversée. C’est un récit véritablement poignant, jonché d’horreur et si réaliste ! J’ai été happée dans cette course poursuite vers « la vraie vie ». L’auteur a parfaitement su me transmettre l’horreur comme la peur et l’angoisse de son personnage, tout en ajoutant de l’humour, de l’attachement pour l’héroïne, des petits plaisirs de la vie, et de l’innocence. Un mélange parfait.

Un coup de cœur poignant, dérangeant et marquant !

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